ATELIER DE RESTITUTION

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"Statuts personnels, citoyenneté et représentation politique au Sénégal (1910-1939) "

English version

par Francesca Bruschi
Etudiante Post -doctorale
Université de Pavie, Italie
Mercredi 21 juin 2006 à 16h au Warc

Au cours d'un exposé captivant, Francesca Bruschi a revisité l'histoire de l'administration du Sénégal par les colonisateurs français dans la deuxième moitié du 19ème siècle et le premier quart du 20éme siècle. C'était ce mercredi 21 Juin, à l'occasion de son séminaire de restitution sur "Statuts personnels, citoyenneté et représentation politique au Sénégal (1910-1939)". Avec de forts arguments à l'appui, Francesca Bruschi a démontré que " la politique coloniale française en A.O.F. (Afrique Occidentale Française) fut toujours caractérisée par des contradictions évidentes, ayant comme premier souci, si non parfois le seul, la stabilité du système de domination ". La plus grande contradiction, comme l'a affirmé Francesca, était que les droits dont jouissaient les individus étaient déterminés par leur lieu de résidence spécifique. Aussi, la colonie du Sénégal était-elle subdivisée en communes (avec un supposé plein exercice des codes et lois français), en territoires d'administration directe (qui étaient des communes mixtes) et en territoires de protectorat (confiés aux chefs indigènes). Cette répartition a eu pour conséquences directes la difficulté d'ériger des textes et lois cohérents pour administrer la colonie et définir les droits et devoirs des administrés. Mais pour Francesca, cette nébuleuse politico-juridique ne relève point d'un hasard dans la mesure où que l'objectif sous-jacent à cette démarche est de nier le statut de citoyen à tous les administrés nonobstant leur lieu de résidence et donc le régime et politique et juridique par lequel ils sont régis. En effet, les recherches de terrain de Francesca ont fait apparaître que même les habitants des quatre communes (Dakar, Gorée, Rufisque et Saint-Louis) n'ont jamais bénéficié des pleins droits dont ils auraient pu jouir en tant que citoyens français. Si, grâce aux Lois sur la citoyenneté de 1915-1916 votées sous l'impulsion du Député Blaise Diagne, ces derniers ont pu obtenir le droit de vote, les développements ultérieurs, notamment après la deuxième guerre mondiale ont montré que ces Lois ont juste permis à la métropole de régler un problème pratique, c'est-à-dire trouver des militaires prêts à combattre pour elle et, à Blaise lui-même, d'enrôler de potentiels électeurs. L'abandon de la notion de citoyenneté au profit de l'assimilation et plus particulièrement, de l'assimilation pour l'association, a révélé au grand jour que la politique coloniale française avait pour seul objectif la défense des intérêts nationaux français.

Miss Francesca Bruschi, lors de sa présentation au WARC


Parmi l'assistance Mr Adrien Benga professeur d'histoire à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar

Au finish, il n y a eu ni vrais citoyens encore moins intégration ou même association. L'assistance, sous la houlette de Ousmane Sène, Directeur du WARC et Adrien Benga, Historien à L'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a par la suite réagi à la brillante présentation de Francesca Bruschi, a permis de faire ressortir les imbroglios politique et juridique de l'administration coloniale française au Sénégal avec un débat passionnant. Le WARC a tenu à faire un témoignage appuyé sur Francesca qui avait une présence assidue et active au centre durant les huit mois passés au Sénégal. Aussi bien Ousmane Sène que Abdoulaye Niang, directeur administratif et financier, ont tenu à la remercier pour cette chaleureuse et énergique présence.


Mme Awa BA une chercheur affiliée au Warc
et le Directeur du Warc Mr Ousmane Sène

Awa Ba
Chercheur Résidente au WARC