![]() |
Sous
la direction de: Direction des Archives du Sénégal |
![]() |
|
"AOF : réalités et héritages. Sociétés ouest-africaines et ordre colonial 1895-1960" est la publica-tion issue des travaux d'un colloque qui a réuni à Dakar, en 1995, à l'occasion du Centenaire de la création de l'Afrique occidentale française, la plupart des chercheurs qui ont exploité le fonds des Achives de l'AOF. Ainsi ce livre constitue une synthèse très complète des études réalisées sur cette période de l'histoire ouest-africaine. Il aborde, à travers la diversité des travaux, la plupart des thé-matiques et met en relief la nouveauté de certaines approches. Les 96 contributions publiées sont regroupées en deux tomes. Le premier comprend trois parties : les institutions, la vie politique et la balkanisation, et l'économie de l'AOF. Le second en comporte deux qui évoquent les sociétés et les cultures ouest-africaines, et les questions sociales - démogra-phie, enseignement, mouvements sociaux, santé. En proposant une approche critique du passé des sociétés de l'AOF et des témoignages historiques, l'ouvrage manifeste des mémoires vivantes de cette période. Il évoque à la fois les réalités de la domination coloniale et les héritages qui demeurent visibles, dont un des plus importants est, sans doute, le centralisme jacobin. Il décrit aussi les mécanimes par lesquels les mentalités se sont forgées au sein d'institutions coloniales comme l'école, l'armée, les assemblées représentatives, les associations sportives. Ces con-sciences informent, pour une large part, les rapports biaisés entre les sociétés issues de l'ordre colonial et les pouvoirs étatiques contemporains, et ont déterminé des relations spécifiques avec la France. Inscrites dans la longue durée de l'histoire des mentalités, elles ont sans doute exercé des influences négatives sur l'œuvre d'intégration africaine. L'ouvrage tente d'assumer un devoir de mémoire en reconnaissant que l'histoire coloniale - une parenthèse dans l'histoire des puissances qui l'entreprirent - est assurément une partie majeure de celle de l'Afrique où elle fut à l'origine de mutations profondes, voire irréversibles. Les diverses études montrent qu'on ne saurait juger de manière manichéenne certains acteurs ou événements ; elles contribuent plutôt à éclairer les engagements présents et à favoriser l'émergence de formes nouvelles d'intégration. La richesse et la diversité de leurs approches, leur caractère novateur témoignent de l'importance du travail historique réalisé, de la réflexion sur le passé et de la néces-saire valorisation des racines du présent. L'AOF est née d'une volonté politique marquée par la création et le fonctionnement d'organes fédérateurs. Une contradiction majeure est apparue dans la mise en œuvre de cette politique, qui a buté sur la faiblesse des moyens matériels et des ressources humaines. En outre, la politique de "mise en valeur" a engendré des résistances et se trouve à l'origine de disparités qui ont fortement contri-bué à créer et à développer une conscience territoriale à l'intérieur des limites administratives figées en frontières au moment de l'indépendance. Ces éclairages différents, mais aussi convergents, issus d'approches et de questionnements divers sur une séquence forte de l'histoire ouest-africaine, peu-vent constituer une impulsion à des efforts réalistes pour actualiser l'idée panafricaniste. |
|
| Top the page | |